Macky Sall veut changer le monde depuis New York. L’ancien président du Sénégal a franchi une étape décisive mercredi 22 avril 2026 : son audition devant l’Assemblée générale des Nations Unies, dans le cadre du processus de désignation du prochain Secrétaire général de l’ONU, en remplacement d’António Guterres. Un moment historique pour l’Afrique, qui place pour la première fois un de ses fils les plus en vue en position sérieuse de prétendre au poste le plus influent de la diplomatie mondiale.
Macky Sall ONU : l’audition historique du 22 avril 2026
Mercredi soir à 19h, heure de New York, Macky Sall a clôturé les auditions organisées par l’Assemblée générale des Nations Unies pour la succession d’António Guterres. Selon notre confrère Apanews, il était le dernier des candidats à passer, après Michelle Bachelet, Rafael Mariano Grossi et Rebeca Grynspan, entendue quelques heures plus tôt. Une position finale dans l’ordre des auditions qui n’est pas anodine — être le dernier à parler, c’est souvent être celui dont les mots résonnent le plus longtemps.
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Macky Sall a présenté sa vision sous le titre “Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur”. Un programme ambitieux, articulé autour de trois axes : intégrer la paix, la sécurité et le développement avec un accent fort sur la prévention des conflits, moderniser un multilatéralisme plus inclusif face aux crises globales, et réformer la gouvernance onusienne pour la rendre plus efficace, transparente et digitalisée. Un discours taillé pour convaincre à la fois le Sud global et les grandes puissances occidentales.
Qui est vraiment Macky Sall, le candidat de l’Afrique ?
Pour mesurer l’ampleur de ce moment, rappelons le parcours de Macky Sall. Ingénieur géologue de formation, ancien ministre du pétrole et des mines du Sénégal, président de l’Assemblée nationale, il accède à la présidence de la République du Sénégal en 2012. Il la quitte en 2024, après deux mandats, dans le respect des règles constitutionnelles — un geste rare sur le continent africain qui lui a immédiatement valu un capital de crédibilité internationale exceptionnel.
Depuis, Macky Sall s’est imposé comme l’une des voix les plus écoutées de la diplomatie africaine. Il a été nommé envoyé spécial du Pacte de Paris pour les peuples et la planète, et s’est fait le porte-voix des pays du Sud dans les grandes négociations sur le financement climatique. Sa candidature à l’ONU n’est donc pas celle d’un homme politique en quête de reconversion — c’est celle d’un diplomate aguerri qui a bâti, brique par brique, la légitimité nécessaire pour prétendre à la plus haute fonction multilatérale du monde.
Le programme de Macky Sall ONU : 3 piliers pour réformer le monde
La candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU repose sur une vision claire face aux crises qui secouent la planète. Premier pilier : la paix et la sécurité. Dans un monde où les conflits armés persistent au Sahel, en Ukraine, au Moyen-Orient et en Afrique centrale, Macky Sall veut placer la prévention au cœur de la stratégie onusienne — plutôt que d’intervenir après le désastre, anticiper et désamorcer.
Deuxième pilier : un multilatéralisme rénové. Selon notre confrère Africa 24, Macky Sall défend une réforme profonde d’un système international “fragilisé”, où les pays du Sud se sentent marginalisés dans les prises de décision qui les concernent pourtant au premier chef. Troisième pilier : une ONU plus efficace, moins bureaucratique, plus digitale. Un message qui résonne aussi bien dans les capitales africaines qu’à Washington, Bruxelles ou Pékin.
Pourquoi ce serait historique pour l’Afrique
Jamais l’Afrique n’a été à la tête de l’Organisation des Nations Unies. Boutros Boutros-Ghali, Égyptien, en a été le Secrétaire général de 1992 à 1996 — mais l’Égypte se revendique autant de la sphère arabe que de la sphère africaine. Un Sénégalais, issu de l’Afrique subsaharienne, à la tête de l’ONU — ce serait une première absolue, un signal politique fort envoyé à 1,4 milliard d’Africains.
La candidature de Macky Sall s’inscrit dans un mouvement de fond : l’Afrique ne veut plus subir les décisions du monde — elle veut les façonner. De la réforme du Conseil de sécurité à la représentation dans les institutions de Bretton Woods, les revendications africaines pour un ordre mondial plus équitable se font de plus en plus entendre. La victoire de Macky Sall serait leur consécration symbolique la plus forte.
Les concurrents sérieux de Macky Sall sur la route de l’ONU
La route vers le Secrétariat général de l’ONU est semée d’embûches. Macky Sall fait face à une concurrence internationale sérieuse. Rebeca Grynspan, Costaricaine, ancienne Secrétaire générale de la CNUCED, bénéficie d’une forte visibilité au sein du système onusien. Rafael Mariano Grossi, Argentin, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, est également un candidat de poids dans un contexte marqué par les tensions nucléaires mondiales. Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili, jouit d’une réputation internationale sur les droits humains.
Face à ces profils, Macky Sall mise sur sa double légitimité africaine et internationale, sa capacité à parler en même temps au G7 et au G77, à Washington comme à Moscou, à Paris comme à Pékin. Une position d’équilibre rare dans un monde multipolaire de plus en plus fragmenté.
Macky Sall ONU : les soutiens africains se mobilisent
Derrière la candidature de Macky Sall, l’Afrique s’est mobilisée avec une cohérence inhabituelle. L’Union africaine soutient officiellement sa candidature, et plusieurs chefs d’État du continent ont activement fait campagne en sa faveur lors de forums internationaux. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, son successeur direct, a fait de ce soutien une priorité de politique étrangère.
Macky Sall a également rencontré le secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau le 16 avril 2026, un signal fort quant à l’intérêt de Washington pour sa candidature. Dans un contexte de recomposition géopolitique mondiale, les États-Unis voient dans un Secrétaire général africain modéré et pro-dialogue une option préférable à des candidats plus proches du bloc sino-russe.
Ce que la candidature de Macky Sall dit du monde en 2026
Au-delà de la personne de Macky Sall, cette candidature révèle quelque chose de profond sur l’état du monde en 2026. Le multilatéralisme est en crise. L’ONU est régulièrement contournée, ses résolutions ignorées, son autorité fragilisée. Dans ce contexte, choisir un Africain à sa tête — un homme issu d’un continent qui souffre précisément du manque d’efficacité du système international actuel — serait un acte symbolique et politique de première magnitude.
Macky Sall ONU : trois mots qui résonnent désormais dans toutes les chancelleries du monde. La réponse sera connue dans les prochains mois. Mais d’ores et déjà, l’histoire retient qu’un fils du Sénégal, d’Afrique, a bousculé la table. Et ça, c’est déjà une victoire.










































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