Assalé Tiémoko Antoine est libre, mais loin d’être tiré d’affaire. Le président du mouvement politique Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI) a vécu l’une des 48 heures les plus éprouvantes de sa vie publique : 15 heures d’audition à la préfecture de police d’Abidjan, deux malaises cardiaques en plein interrogatoire, une garde à vue notifiée depuis son lit d’hôpital, avant une libération en fin de journée ce jeudi 23 avril 2026. Mais comme le souligne notre confrère APRNews, “l’affaire reste ouverte”.
Assalé Tiémoko convoqué : 15 heures face aux enquêteurs
Tout commence le mercredi 22 avril 2026 à 10h00. Assalé Tiémoko se présente volontairement à la préfecture de police d’Abidjan en réponse à une convocation officielle, accompagné de ses deux avocats, Maître Oumou Sanogo et Maître Christian Adagba. Selon notre confrère Connection Ivoirienne, l’audition a débuté à 10h10 et s’est achevée aux environs de 1h du matin, soit près de 15 heures d’interrogatoire conduit par un commissaire et un procureur.
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D’après le Bureau exécutif national de l’ADCI, au moment de la convocation, Assalé Tiémoko n’avait pas été officiellement informé des faits qui lui étaient reprochés. Ce n’est qu’après plusieurs heures d’interrogatoire que les chefs d’accusation ont été notifiés à ses avocats — une pratique qui n’a pas manqué de susciter l’indignation du mouvement et de nombreux observateurs.
Assalé Tiémoko victime de 2 malaises cardiaques en pleine audition
Ce qui frappe dans cette affaire, au-delà du volet judiciaire, c’est l’état de santé dans lequel Assalé Tiémoko s’est retrouvé au cours de l’interrogatoire. Selon les informations du secrétaire général de l’ADCI, Roger Youan, relayées par notre confrère Ouestin.com, l’ancien député a été victime de deux malaises d’origine cardiovasculaire — le premier aux environs de 14h, le second vers 18h. Face à la gravité de la situation, un professeur de cardiologie a été dépêché sur place à la demande de la préfecture. Après examen, le médecin a jugé l’état de Assalé Tiémoko préoccupant et a préconisé son transfert en urgence à l’Institut de cardiologie d’Abidjan pour faire baisser sa tension et prévenir toute complication.
Malgré ces deux alertes médicales, l’audition s’est poursuivie jusqu’à son terme. Assalé Tiémoko signe le procès-verbal aux alentours de 1h45 avant de quitter les locaux sous escorte policière, avec l’assurance du commissaire enquêteur qu’il pourrait regagner son domicile dès stabilisation de son état. Une assurance que les événements du lendemain allaient rapidement contredire.
Les 4 chefs d’accusation retenus contre Assalé Tiémoko
À l’issue de l’audition, quatre chefs d’accusation d’une particulière gravité sont notifiés aux avocats d’Assalé Tiémoko. Comme le rapporte notre confrère Afrik Soir, le procureur Koné Braman retient : trouble à l’ordre public, incitation à la révolte, discrédit porté sur les institutions de la République, et diffusion de fausses nouvelles.
Selon notre confrère Afrique sur 7, ces accusations seraient liées à une interview accordée par Assalé Tiémoko lors d’un récent séjour à Paris, au cours duquel il avait évoqué des menaces proférées contre lui par “un ministre” ivoirien, après sa rencontre avec l’ex-président Laurent Gbagbo avant l’élection présidentielle de 2025. Des déclarations diffusées sur des chaînes de télévision africaines depuis la capitale française qui auraient provoqué le courroux des autorités ivoiriennes.
Assalé Tiémoko placé en garde à vue depuis son lit d’hôpital
Le coup de théâtre survient le jeudi matin. Alors qu’Assalé Tiémoko est hospitalisé à l’Institut de cardiologie d’Abidjan, notre confrère Burkina24 rapporte que le procureur de la République contacte son avocate par téléphone pour lui signifier que son client est désormais placé en garde à vue — décision prise à 9h00, notifiée directement au chevet du patient. Le parquet précise qu’il devra être reconduit à la préfecture pour déferrement prévu ce vendredi 24 avril 2026.
L’ADCI réagit avec stupéfaction. Dans un communiqué signé par Roger Youan, le mouvement souligne qu’aucune mesure restrictive de liberté n’avait été notifiée à ses avocats à l’issue de l’audition et que Assalé Tiémoko a appris sa mise en garde à vue depuis son lit d’hôpital — une situation jugée “inacceptable” par ses soutiens.
La garde à vue levée à 17h02 — Assalé Tiémoko reste hospitalisé
Nouveau rebondissement dans l’après-midi. Selon l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP), le procureur de la République adjoint Abou Chérif, accompagné du commissaire en charge de l’enquête, se rend personnellement à l’Institut de cardiologie. En présence du médecin traitant et du chef du service d’hospitalisation, la levée de la garde à vue est officiellement notifiée à Assalé Tiémoko à 17h02.
Notre confrère Fraternité Matin confirme qu’Assalé Tiémoko demeure néanmoins hospitalisé pour plusieurs jours supplémentaires, conformément au protocole de soins établi par l’équipe médicale. Une libération qui soulage ses partisans, mais qui ne clôt en rien le dossier judiciaire.
Ce qu’il faut savoir sur Assalé Tiémoko Antoine
Pour mesurer les enjeux de cette affaire, il faut rappeler le parcours d’Assalé Tiémoko. Né le 30 décembre 1975 à Tiassalé, juriste de formation, il est le fondateur de L’Éléphant Déchaîné, hebdomadaire ivoirien connu pour ses enquêtes contre la corruption. Député-maire de Tiassalé, il avait déjà été arrêté en 2007 après la publication d’un article dénonçant la corruption judiciaire. En juin 2024, il fonde l’ADCI et officialise sa candidature à la présidentielle ivoirienne en juin 2025.
L’ADCI appelle au calme, la défense se mobilise
Le Bureau exécutif national de l’ADCI appelle l’ensemble de ses militants et sympathisants à faire preuve de sérénité et de discipline. Maîtres Oumou Sanogo et Christian Adagba sont pleinement mobilisés pour contester les quatre chefs d’accusation retenus contre leur client. Selon notre confrère Bénin Web TV, le déferrement au parquet pourrait être reporté en raison de l’hospitalisation en cours.
Une affaire qui interroge sur la liberté d’expression
Notre confrère Afrique sur 7 soulève une question qui dépasse le simple cadre judiciaire : l’arrestation d’Assalé Tiémoko “aurait sérieusement renforcé les inquiétudes sur la liberté d’expression en Côte d’Ivoire”. Les accusations d’incitation à la révolte et de diffusion de fausses nouvelles retenues contre une figure politique et journalistique de premier plan alimentent un débat qui traverse toute la société civile ivoirienne. Des organisations de défense des droits humains suivent cette affaire de près.
Assalé Tiémoko : la suite au vendredi 24 avril
La garde à vue est levée, mais Assalé Tiémoko n’est pas sorti d’affaire. Le déferrement au parquet reste prévu, l’hospitalisation en cours pourrait modifier le calendrier judiciaire, et les quatre chefs d’accusation demeurent entiers. Dans un pays à l’approche de grandes échéances politiques, cette affaire Assalé Tiémoko s’impose déjà comme l’un des épisodes judiciaires et politiques les plus marquants de l’actualité ivoirienne de ce début d’année 2026. La Côte d’Ivoire retient son souffle.
